2015 · Un changement d’échelle
Une école comme une petite société
Le changement d’échelle était considérable. À Badr, je découvris une équipe pédagogique nombreuse, des responsabilités partagées et une vie collective qui dépassait largement les limites de la classe.
J’y commençai comme enseignant de sixième année en langue arabe. Deux ans plus tard, je passai à l’enseignement du français afin de participer à la mise en œuvre du nouveau curriculum. Cette transition m’obligea à renouveler mes pratiques et à regarder autrement le rapport des élèves à la langue et aux apprentissages.
La majorité d’entre eux venait de familles aux conditions modestes, parfois fragiles. Beaucoup manifestaient une véritable envie d’apprendre, mais cette volonté devait parfois composer avec les réalités du quotidien. Certains élèves étaient amenés à travailler ou à aider leur famille, ce qui pouvait affecter leur assiduité.
Cette situation me rappela que les difficultés scolaires ne naissent pas toujours dans la classe et qu’un enseignant ne peut comprendre un élève sans tenir compte de ce qui l’attend une fois franchie la porte de l’école.








