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Mon parcours

2012–2015

Groupe Scolaire Abi Moussa Al-Achaari · Annexe Tila Zine

Jamal Moumni avec les élèves devant l’annexe Tila Zine

Une nouvelle organisation familiale

Changer de lieu, changer de priorités

Après dix années dans les annexes du Groupe Scolaire Boukmakh, le passage à Tila Zine répondait d’abord à une évolution de ma vie familiale. La naissance de ma fille, la perspective de sa scolarisation et le rapprochement avec Oulad Teima donnaient désormais un autre sens à la distance.

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2012 · Vers Tila Zine

Repenser la distance

La naissance de ma fille, puis l’approche de son entrée à l’école, modifièrent mes priorités. Il ne s’agissait plus seulement de trouver un équilibre entre mon travail et la montagne. Je devais aussi réfléchir aux conditions dans lesquelles elle allait commencer sa scolarité.

Je cherchai donc une affectation qui me permettrait de rejoindre régulièrement notre domicile à Oulad Teima. Nous comptions également sur la possibilité, pour mon épouse, de demander l’année suivante son rapprochement dans le cadre du mouvement de mutation.

Mon choix se porta sur le Groupe Scolaire Abi Moussa Al-Achaari. L’établissement recevait régulièrement de nouveaux enseignants, ce qui augmentait les chances d’acceptation de ma demande.

Ce choix contenait une certaine ironie. Dix ans auparavant, cette même école figurait parmi les établissements que j’aurais pu choisir lors de ma première affectation. Je lui avais alors préféré Boukmakh parce qu’elle ne disposait pas d’eau. Une décennie plus tard, je revenais vers elle en sachant que le problème n’avait pas disparu.

Ce qui avait changé, c’était ma manière de pouvoir y faire face. Je possédais désormais une voiture et pouvais emporter avec moi l’eau potable dont j’avais besoin. La route était goudronnée jusqu’à l’école centrale, puis il restait six kilomètres de piste pour rejoindre l’annexe de Tila Zine.

Jamal Moumni près de la route menant vers Tila Zine
Sur la route d’un territoire que je pouvais désormais relier régulièrement à Oulad Teima.
Vue satellite de Tila Zine et de son environnement montagneux
Tila Zine au cœur d’un relief montagneux et aride.
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La classe multigrade

Six niveaux, douze élèves

À la rentrée, Tila Zine était le poste vacant. Je l’acceptai.

La classe regroupait les six niveaux du primaire, mais cette situation ne m’inquiétait pas autant qu’elle aurait pu le faire au début de ma carrière. Durant mes années à Ighanimin, j’avais enseigné aux différents niveaux. Je connaissais donc les programmes et les exigences propres à chacun d’eux.

Le nombre total d’élèves ne dépassait pas douze. Leur niveau facilitait également l’organisation du travail. La région comptait une école d’enseignement traditionnel, et le passage par le msid avait donné à plusieurs enfants des bases solides en lecture, en écriture et en calcul.

Cette autonomie relative me permettait de confier une activité à un groupe pendant que je travaillais directement avec un autre. Il fallait toujours répartir le temps entre six niveaux et alterner l’enseignement en arabe et en français, mais l’expérience acquise au cours des dix années précédentes m’aidait désormais à chercher des solutions sans avoir l’impression de recommencer le métier depuis le début.

L’année suivante, mon épouse obtint sa mutation. Notre fille put intégrer l’enseignement préscolaire dans les conditions que nous avions recherchées. L’objectif familial qui avait motivé mon départ d’Ighanimin prenait ainsi forme.

La distance n’avait pas disparu pour autant. Je parcourais cinquante-six kilomètres à l’aller et autant au retour, tous les deux jours. La voiture avait rendu ce rythme possible, mais elle était devenue une partie essentielle de l’organisation de ma vie entre l’école et la famille.

Jamal Moumni avec les élèves de la classe multigrade à Tila Zine
Avec les élèves de Tila Zine, réunis dans une classe de six niveaux.
La voiture stationnée près de l’annexe de Tila Zine
La voiture, indispensable pour relier l’école, l’eau et la vie familiale.
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Le milieu de vie

Un territoire aride

Tila Zine était située dans un milieu montagneux, mais son climat se rapprochait davantage de celui d’une région désertique. Le paysage était sec et le relief laissait peu de place à l’agriculture.

La pauvreté y était très présente. Les ressources dont disposaient les habitants étaient limitées, et les fruits de l’arganier représentaient l’une des rares richesses offertes par cet environnement difficile.

Cette aridité se retrouvait aussi dans la vie quotidienne. Les reptiles et les insectes faisaient partie du décor avec une régularité à laquelle il fallait s’habituer.

Un jour, un serpent se glissa dans ma voiture et y resta caché. Je ne découvris sa présence qu’après que le ventilateur du moteur l’eut blessé. Sans cela, je l’aurais probablement transporté avec moi jusqu’à la maison sans même savoir que je n’étais pas seul dans le véhicule.

À Tila Zine, ce genre de rencontre finissait presque par entrer dans la routine. Le lieu n’avait pas besoin de produire de grandes aventures : il rappelait régulièrement, par de petits incidents très concrets, que l’école était installée au cœur d’un environnement auquel il fallait aussi apprendre à s’adapter.

Un serpent découvert après s’être caché dans la voiture
Un passager découvert à temps, avant le retour vers Oulad Teima.
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2015 · Une nouvelle étape

Vers l’école urbaine

Les règles du mouvement de mutation imposaient alors d’attendre trois années après un changement d’affectation avant de pouvoir présenter une nouvelle demande.

Lorsque cette période fut achevée, je participai de nouveau au mouvement. En 2015, j’obtins mon transfert à l’École Badr, à Oulad Teima.

Après treize années passées dans des annexes rurales et montagneuses, j’allais enfin découvrir ce que signifiait enseigner en milieu urbain.