2002 · Annexe Anighd
Une première affectation vers l’inconnu
Comme pour beaucoup de nouveaux enseignants, ma première affectation était un départ vers l’inconnu. J’avais une préoccupation très concrète : travailler dans une région qui ne souffrait pas du manque d’eau. Une première nouvelle me rassura. Plusieurs amis avec lesquels j’avais partagé les deux années de formation furent affectés, comme moi, au Groupe Scolaire Boukmakh.
La répartition entre les unités scolaires nous conduisit cependant dans des directions différentes. Je fus affecté à Anighd, la deuxième annexe la plus éloignée du groupe, pour prendre en charge une classe réunissant les deux premiers niveaux du primaire.
Au siège du groupe, le directeur m’indiqua simplement que je devais rejoindre le douar et commencer mon travail. Je ne connaissais ni Anighd ni le chemin qui y conduisait, je ne parlais pas amazigh et je ne disposais d’aucun moyen de transport.
Une solution existait pourtant : accompagner le transporteur auquel j’avais confié mes affaires jusqu’au souk de Taliouine, puis repartir avec lui par la route de Tikhfar. Mais il ne devait quitter le marché que tard dans la journée. À ce moment-là, attendre ne me semblait pas être une option. Je pensais surtout qu’un nouvel enseignant devait rejoindre son poste sans tarder.
En suivant les indications d’enseignants qui avaient travaillé auparavant à Anighd, je partis donc à pied. Onze kilomètres me séparaient encore d’un endroit que je ne savais situer que par les repères que l’on m’avait donnés.
À mon arrivée, je découvris un douar entouré d’arbres et de végétation. Cette présence inattendue de verdure fut ma première bonne impression d’Anighd.











